La fondation CERES-LOCUSTOX au PIP

Interview réalisé le 24 novembre 2009, dans le cadre d’une visite de la fondation CERES-LOCUSTOX au PIP à Bruxelles, auprès de M. Bassirou MBACKE (conseiller à la Présidence de la République du Sénégal, Président du Conseil de la fondation CERES, Locutox, et petit producteur horticole). Dr Dogo Seck, administrateur général de CERES-LOCUTOX était également présent durant l’entretien.

 

 

Le PIP : Si vous me permettez, vous êtes un personnage singulier dans le secteur agricole du Sénégal : à la fois Conseiller du Président Wade, Président du conseil de la fondation CERES LOCUSTOX et petit producteur. Nous sommes d’autant plus intéressés à connaître votre avis et vos attentes par rapport au PIP. Vos trois avis nous intéressent !
M. MBACKE : En tant que conseiller du Président, le message principal que je transmettrai est celui là : le Sénégal, en soutenant la relance du CERES, souhaite donner un signe fort à des partenaires, comme le PIP, dans le domaine de la coopération scientifique en sécurité environnementale. Nous savons que la conquête du marché européen passe par le respect de normes. Et il faut qu’on aide les opérateurs Sénégalais à répondre aux besoins de leurs clients.
Comme Président du Conseil de la Fondation, je dirais que nous venons témoigner, Dr Dogo Seck et moi-même, de la dynamique dans laquelle est désormais lancée la fondation pour retrouver dans les prochains mois son activité de prestataire de services auprès des producteurs Sénégalais : qu’il s’agissent de services en analyse de résidus de pesticides, de métaux lourds et d’autres polluants organiques ou de formation aux bonnes pratiques. C’est dans ces domaines d’ailleurs que nous avons besoin de renforcement de capacités et que le PIP peut nous aider.

Et comme petit producteur ?
J’ai effectivement au Sénégal 5 hectares de production de haricots. Et bien je dirais que sur un plan général, nous n’avons pas toujours, comme les plus gros producteurs ou les exportateurs, les informations pour mettre en place les bonnes pratiques de production au niveau local. Tenez, prenez le cas du chou fortement consommé dans notre pays. Il faut savoir que dans l’étude menée récemment par le CERES sur « le panier de la ménagère au Sénégal », dans la grande majorité des échantillons destinés au marché local qui ont été prélevés, on était souvent en dépassement de LMR et surtout on y a même trouvé des résidus de pesticides qui ne sont plus autorisés!

Dr Dogo Seck nous a présenté cette étude dont les résultats montrent un manque de vigilance quant à l’utilisation des pesticides sur les cultures locales. Quel rôle selon vous le CERES et le PIP devraient remplir à l’avenir pour contribuer à une amélioration sensible de la situation ?
Le CERES doit rapidement contribuer à un meilleur contrôle de l’utilisation des pesticides sur les productions locales. Le PIP, comme il l’a fait durant sa première phase, peut soutenir cette démarche par des formations de formateurs et plus généralement par un renforcement des capacités des agents du CERES. Cet accompagnement doit se faire en étroite coordination avec l’ANCAR. Alors on peut espérer répondre ensemble au point 5 de votre déclaration d’intentions !

Justement, parlons d’avenir ! Vous avez donc pris connaissance de cette déclaration d’intentions du programme PIP phase 2. Qu’en pensez-vous ? Quelles sont vos premières réactions ?
C’est ambitieux ! Mais vous avez raison de placer la barre très haut. C’est l’idéal qu’on vise et je suis d’accord avec cette façon de travailler. Un point a retenu particulièrement mon attention : la dimension locale. C’est essentiel que les efforts de modernisation qui sont faits à l’exportation bénéficient aussi aux filières de production et de commercialisation locales.